Mardi 11 Décembre 2018

Compte rendu N°448

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Compte rendu des sorties

05/09/2015

Antre des Damnés (Vercors)

Bilan de la sortie:

Vendredi 8h :
Au départ de Mende avec Thierry et Fabien, le coffre est bien plein de matos et ça, c'est souvent le présage d'une belle sortie.
4h30 et quelques virages plus tard, on arrive sur Corrençon. Un petit détour par Villard pour quelques courses et on va se garer au milieu des porsches du parking du golf. Le reste de l'équipe nous y attend déjà en siestant. On étale tout notre bazar sur le goudron pour une ultime vérification des longueurs de cordes, puis en enkite nos 680 m de corde.


Les sacs sont bien lourd et le mettre sur dos est un bon exercice d'équilibre. Les modes de portage sont variées entre ceux qui ont des sacs expérimentaux quasi uniques au monde, le sac Lafuma de 1974 avec bretelles "rembourrées" en feutre, le kit de portage sans ventrale, le sac bien confort avec ventrale mais dont le bonhomme est trop fin pour la serrer a fond...


Bref, on prend la piste plutôt plate en forêt qui au bout d'un moment se transforme en sentier et se raidit quelque peu. 2h après avoir quitté le parking, on arrive à la bifurque pour le trou, on prend juste les kits de cordes et on part le chercher. On se plante sur une intersection en prenant le sentier qui semble le plus fréquenté mais qui finalement mène à un emplacement de camp. Le GPS nous ramène directement sur le trou, ça nous aura permis de se balader sur ces incroyables lapiaz. Après avoir tout déposé, on prends le chemin de la cabane secrete dite cabane à Goupette. Un peu faite de bric et de broc mais parfaitement équipée avec panneaux solaires et gazinière, il y a même un potager avec salades, carottes, oignons, patates, le tout à 1700 m !


Un gros bidon récupère l'eau de pluie. Après avoir bien sué, on enchaine donc sur thé chaud, apéro, soupe puis pâtes. Avant que le soleil ne se couche on prépare les kits bouffes et on définit la stratégie pour le lendemain. On opte pour une équipe de trois qui équipe jusqu'en bas du P205 (Thierry B., Christian et moi), un équipe de deux qui part environ 2h après (Fabien et Alain) et enfin un dernière équipe de 2 (Aude et Thierry G.) 5h après.

Samedi :
Levés a 7h, on s'équipe directement à la cabane et on rentre dans l'Antre à 8h30.

Thierry G. au moment de rentrer
Christian équipe les premiers puits jusqu'en bas du P30. Après une petite étroiture, on est directement dans un méandre confortable entrecoupé de ressauts avant de déboucher dans l'Super Jolix, un P51 effectivement esthétique. On récupère notre méandre tout propre en calcaire blanc, avec parfois d'importantes concentrations de coquillages, pour enquiller sur le P30.


Je prends le relais avec deux kits au cul pour équiper le P205. Il est très fractionné (16 fois), se dédouble au début et il faut au maximum se décaler pour éviter le hors crue même si aujourd'hui, il n'y a qu'un petit filet d'eau. On passe sur quelques paliers qui permettent heureusement de se reposer du baudar, le dernier tronçon de 70 m est beaucoup plus vertical et le puits retrouve une belle ampleur. 40 spits et 2h30 plus tard, j'en touche le fond.


L'équipe 2 nous rejoint et on mange quelques barres (faites maison de Thierry G., on attend la recette!) puisqu'il est quand même 14h. Pendant que Fabien équipe le P65 suivant, Aude et Thierry nous rejoignent, ils auront mis un petite heure pour venir à ce point ci, à -360.
On descend donc ce P65 qui comporte un gros pendule plein gaz pour équiper. Fabien se sera fait aider de Christian pour initier le mouvement d'en haut. Le puits pourrait se descendre plein pot mais cela permet d'être un peu plus hors crue et de faciliter la remontée.

Départ du P65
Ce puits est vraiment très beau, taillé en cône, il y a une belle sonorité en bas. Encore un petit puits et on atterri dans les galeries du fond plutôt spacieuses.




On progresse vite dans ces chaos de bloc et on s’arrête pour prendre un vrai repas un peu avant l'ancien fond (à -540) au niveau de la bifurque pour la suite. Aude et Alain nous attendrons ici. Apparemment (d'après Aude qui l'a fait il y a 20 ans) la suite ne serait pas transcendante et plutôt "cracra". La galerie se fait tout suite moins large avec même une bonne étroiture façon barreaux de prison.


La suite est une alternance de grandes galeries et de méandre plutôt confortables sauf un que l'on passe en hauteur, où il faut se faire de bonnes oppos sans le moindre relief pour aider. On peut parfois mettre les pieds en travers (si on fait comme moi du 44.5) mais ça reste le passage le plus chiant du scialet qui n'en comporte pas beaucoup. le tout nous parait un peu longuet d'autant qu'on a passé bien plus de petits puits (tous équipés en fixe) que sur la topo.

Thierry B. juste avant le siphon
On finit par arriver le (tout petit) siphon qui apparemment ne dépasse pas 3m de longueur...
Il est 18h, il est temps de remonter. On retrouve Aude qui nous a préparé la soupe et Alain qui a essayé de prendre de l'avance mais est revenu sur ses pas sans s'en rendre compte. On repart donc tous ensemble, Aude et Thierry déséquiperont tout et on suit Alain qui donnera le bon tempo pour pas se fatiguer. ça se remonte d'autant mieux que tout est quasiment contre paroi avec des longueurs très courtes.


Avec la fatigue (et la gravité) certains passages sont quand même un peu plus pénibles dans ce sens, le P51 donnera d'ailleurs des crampes au bras à pas mal de monde. Mais bon, à 1h tout le monde est dehors, 16h30 donc pour l'aller retour.

Dimanche :
Il fait pas chaud, la nuit est étoilée et on se dépêche de rejoindre la cabane. Un peu avant d'être en vue, Fabien dit "ça sent le feu" et effectivement, il y a un joli feu devant la cabane. C'est bien agréable mais ça veut dire que la place est prise, ils sont 5, nous 7 et on pourrait tenir a 8 en se serrant un peu. Heureusement, ils ne sont pas couchés et s’inquiétaient même sur notre sort après avoir trouvé nos sacs. On discute un peu et ils proposent d'eux même de nous laisser la place et de descendre à la cabane du dessous à 400m (de déniv.) de là. On insiste sur le fait qu'on peu très bien dormir dehors mais non, ils s'en vont en nous laissant la cabane chauffée, un grand merci. On se fait encore un bon repas et on file sur les matelas.
On émerge sur le coup des 10h, on fait les sacs et vers 12h, on retrouve les golfeurs et leur style vestimentaire très chic. Autant dire que le déballage des affaires sales sur le parking suivi du pic-nic avec le cubi de rouge attire quelques regards.
Reste plus qu'a retraverser la vallée du Rhône avec ce joli trou en poche. ça aura été bien facilité par le fait qu'on soit assez nombreux et que le trou n'est pas pénible en soit. L'aven des patates fait dans l'été nous avait presque plus fatigué.
A refaire !

Participants :
Aude Hourtal, Fabien Salles, Alain Hurel, Thierry Gencey, Thierry Bertrand, Christian Valles, Luc Daniel